Fossa, 2021

du 22.05 au 30.06.2021

10 rue Lesage, 75010, Paris

 

En exogéologie, la science qui étudie les spécificités géologiques des planètes du système solaire, le mot fossa désigne un sillon, une tranchée. C’est un terme notamment utilisé sur Mars pour décrire des formes de vallées longues et sinueuses. C’est sans télescope, ni sismographe que Paul Hardy réalise ses propres cartographies.

 

Dans son atelier, l’artiste sonde, creuse, observe et simule des formes aux propriétés minérales. S'apparentant davantage à l’abstrait qu’à la figuration, la peau de ses sculptures est poreuse comme le marbre et les cavités qui la recouvrent rappellent celles du granit ou de pierres forées par des pholades, mollusques marins miniatures et voraces. Loin d’être taillée, la silhouette est courbe et cabossée. Réalisée à partir de matériaux de constructions recyclés, la pièce se compose de teintes restreintes se limitant au gris, au noir et au blanc. 

 

Par endroit, l’artiste joue les alchimistes, accélérant le processus de fossilisation et de cristallisation. Sous une plaque transparente, il dissimule des zones précieuses, plus délicates, aux reflets argentés. Un désir pour lui de reproduire les effets d’altérations infligés par le temps. 

 

Collés sur la devanture, trois fragments acryliques bleutés, inspirés des pierres de topaze semblent extraits de leur forme initiale.Gommant les frontières entre espace intérieur et extérieur, l’artiste joue des échelles et des perspectives. En résulte une œuvre hybride issue de la fusion de matériaux synthétiques simulant l’infiniment grand comme le microscopique.

 

Originaire de Caen, l’artiste poursuit une formation d’architecture de 2013 à 2019 à L’école Paris-Malaquais puis à l’École Spéciale d’Architecture. Il fait aujourd’hui partie du collectif RPZ basé à Pantin.

Léa Hodencq